•  Retour de vacances en Bretagne


     Bientôt le récit et les photos qu'il me faut trier !
     Pour vous faire patienter,  un poème .....



    L'amour, encore, avec un poème de Marie Noël chanté  (d'après la SACEM au corps défendant de la poétesse...) par Juliette Gréco:




    Quand il est entré...

     

     


    Quand il est entré dans mon logis clos,
    J’ourlais un drap lourd près de la fenêtre,
    L’hiver dans les doigts, l’ombre sur le dos…
    Sais-je depuis quand j’étais là sans être ?
    Et je cousais, je cousais, je cousais…
    -Mon cœur, qu’est-ce que tu faisais ?
    Il m’a demandé des outils à nous.
    Mes pieds ont couru, si vifs, dans la salle,
    Qu’ils semblaient, -si gais, si légers, si doux,-
    Deux petits oiseaux caressant la dalle
    De-ci, de-là, j’allais, j’allais, j’allais…
    -mon cœur, qu’est-ce que tu voulais ?
    Il m’a demandé du beurre, du pain,
    -ma main en l’ouvrant caressait la huche-
    Du cidre nouveau, j’allais et ma main
    Caressait les bols, la table, la cruche.
    Deux fois, dix fois, vingt fois je les touchais…
    -Mon cœur, qu’est-ce que tu cherchais ?
    Il m’a fait sur tout trente-six pourquoi.
    J’ai parlé de tout, des poules, des chèvres,
    Du froid, du chaud, des gens, et ma voix
    En sortant de moi caressait mes lèvres…
    Et je causais, je causais, je causais…
    -Mon cœur, qu’est-ce que tu disais ?
    Quand il est parti, pour finir l’ourlet
    Que j’avais laissé, je me suis assise…
    L’aiguille chantait, l’aiguille volait,
    Mes doigts caressaient notre toile bise…
    Et je cousais, je cousais, je cousais…
    -mon cœur, qu’est-ce que tu faisais ?




    J'espère que vous avez aimé....!




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  • J'ai choisis deux poèmes sur le printemps,  en espérant que cela lui donne l' idée de venir accompagné du soleil ! 
















    Premier sourire du printemps



    Tandis qu'à leurs oeuvres perverses
    Les hommes courent haletants,
    Mars qui rit, malgré les averses,
    Prépare en secret le printemps.

    Pour les petites pâquerettes,
    Sournoisement lorsque tout dort,
    Il repasse des collerettes
    Et cisèle des boutons d'or.

    Dans le verger et dans la vigne,
    Il s'en va, furtif perruquier,
    Avec une houppe de cygne,
    Poudrer à frimas l'amandier.

    La nature au lit se repose ;
    Lui descend au jardin désert,
    Et lace les boutons de rose
    Dans leur corset de velours vert.

    Tout en composant des solfèges,
    Qu'aux merles il siffle à mi-voix,
    Il sème aux prés les perce-neiges
    Et les violettes aux bois.

    Sur le cresson de la fontaine
    Où le cerf boit, l'oreille au guet,
    De sa main cachée il égrène
    Les grelots d'argent du muguet.

    Sous l'herbe, pour que tu la cueilles,
    Il met la fraise au teint vermeil,
    Et te tresse un chapeau de feuilles
    Pour te garantir du soleil.

    Puis, lorsque sa besogne est faite,
    Et que son règne va finir,
    Au seuil d'avril tournant la tête,
    Il dit : " Printemps, tu peux venir ! "



    Théophile Gautier



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  • Bonjour, j'espère que vous aimerez ce poème.


    Biographie sommaire


    Monnier
    Henri,écrivain et caricaturiste français, né à Paris (1799-1877), créateur de Joseph Prudhomme, type de bourgeois inepte et sentencieux.


    Le Petit Larousse



     

    On les a fait Venir!

     
    Je suis le chat de cimetière,
    De terrain vague et de gouttière,
    De haute-Egypte et du ruisseau
    Je suis venu de saut en saut.


    Je suis le chat qui se prélasse
    A l'instant où le soleil passe,
    Dans vos jardins et dans vos cours
    Sans avoir patte de velours.


    Je suis le chat de l'infortune,
    Le trublion du clair de lune
    Qui vous réveille dans la nuit
    Au beau milieu de vos ennuis.


    Je suis le chat des maléfices
    Condamné par le Saint-Office;
    J'évoque la superstition
    Qui cause vos malédictions.


    Je suis le chat qui déambule
    Dans vos couloirs de vestibules,
    Et qui fait ses petits besoins
    Sous la porte cochère du coin.


    Je suis le félin bas de gamme,
    La bonne action des vieilles dames
    Qui me prodiguent le ron-ron
    Sans souci du qu'en dira-t-on.

    Epargnez moi par vos prières
    Le châtiment de la fourrière
    Où finissent vos émigrés
    Sans demeure et sans pedigree.


    Henri Monnier




     


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  •  Bonjour, aujourd'hui j'ai envie de parler des chats à travers la poésie

                                   


    Carême (Maurice) , issu d’une famille modeste, est né le 12 mai 1899 à Wavre, dans le Brabant wallon. Il passe à Wavre une enfance campagnarde si heureuse qu’elle sera une des sources d’inspiration de son œuvre. En 1914, il écrit ses premiers poèmes. En septembre 1918, il est nommé instituteur à Anderlecht. Il quitte alors Wavre pour s’installer dans la banlieue bruxelloise. Il épouse, en 1921, Andrée Gobron, une institutrice originaire de Dison (Caprine dans ses poèmes). En 1933, il termine des études de déclamation au Conservatoire de Bruxelles. La même année, il fait construire , Avenue Melba à Anderlecht, la Maison Blanche, à l’image des maisons anciennes de son Brabant. Elle devient , en 1975, le siège de la Fondation Maurice Carême et le Musée Maurice Carême en 1978. En 1943, Maurice Carême quitte l’enseignement pour se consacrer entièrement à la littérature. Il meurt le 13 janvier 1978 à Anderlecht. 




    IL A NEIGE


    Il a neigé dans l'aube rose,
    Si doucement neigé
    Que le chaton noir croit rêver
    C'est à peine s'il ose
    Marcher.

    Il a neigé dans l'aube rose,
    Si doucement neigé
    Que les choses
    Semblent avoir changé.

    Et le chaton noir n'ose
    S'aventurer dans le verger,
    Se sentant soudain étranger
    A cette blancheur ou se posent,
    Comme pour le narguer,
    Des moineaux effrontés.


    Maurice Carême

    In La lanterne magique
    Copyright Fondation Maurice Carême, tous droits réservés







    MON PETIT CHAT


    J'ai un petit chat
    Petit comme ça,
    Je l'appelle Orange.

    Je ne sais pourquoi
    jamais il ne mange
    Ni souris ni rat

    C'est un chat étrange
    Aimant le nougat
    et le chocolat.

    Mais c'est pour cela,
    dit tante Solange
    Qu'il ne grandit pas

    Maurice Carême,



    à suivre avec d'autres auteurs...!



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  • Denise Morel, co-autrice des Brodeuses de l'Histoire, un roman sur la tapisserie de Bayeux, nous offre un extrait de son livre:



     

    "Broderie, d’aussi loin qu’il m’en souvienne, ma jeune vie s’est brodée à petits points. Des laids, des malhabiles, des mal venus comptés et recomptés, défaits, refaits, jamais parfaits. Puis, jour après jour ils devinrent gracieux et plus harmonieux, en bon accord avec ce qu’ils devaient être, chacun, l’un après l’autre, l’un près de l’autre, les petits sujets d’une seule chorale chantant la beauté.   
    Un trait de pinceau n’a pas plus de sens qu’un point de broderie seul, mais s’ils sont des milliers disposés avec grâce par le talent de l’artiste, le plaisir de l’œil peut atteindre le bonheur. Pour me donner cœur à l’ouvrage, ma mère me répétait cela souventes fois. J’eus de nombreux bonheurs, des modestes, petits comme ma paume, puis plus grands, à mesure que s’affinait mon savoir-faire. Pour sûr, j’aurais aimé les garder pour moi, ces petites œuvres, mais elles n’étaient que commandes, et je devais leur dire adieu, aussitôt que finies. Pour moi, la récompense était d’avoir gagné quelque argent pour ma famille.



    Il fut long et difficile le chemin qui me mena jusqu’ici. J’avais six ans à peine que déjà ma mère me mettait entre les mains une aiguille et un morceau d’étoffe. Mes doigts à la peau encore si tendre ont gardé longtemps en mémoire le toucher rugueux de ce carré de chanvre. Avec une aiguille à bout rond je devais apprivoiser la matière: dessus, dessous, le fil de laine à gauche, à droite les points, l’ouvrage toujours plus compliqué.


    Pour économiser la laine et le tissu, pauvre Pénélope, je défaisais le soir, ce que le jour j’avais brodé. Je me couchais les yeux brûlés par la fumée de la chandelle de suif, les doigts gourds de froid, blessés par le frottement de la toile et les piqûres de l’aiguille. Le lendemain, je recommençais. Passent les jours, passent les ans, longue patience des brodeuses…
    J’avais oublié depuis longtemps les douleurs de l’apprentissage, et du dé je me servais seulement lorsque les étoffes étaient très épaisses. Quel plaisir c’était, lorsqu’à la belle saison, je m’installais dehors, dans les champs, avec mon tambour ou mon métier ! Azur du ciel, caresse du soleil sur ma peau, odeur et couleurs de la nature: à chaque point, j’enfermais cela sur ma toile."



    Denise Morel et Marie France Leclainche,
    Les Brodeuses de l'Histoire,Coop Breizh, 2006.


    Pour en savoir plus sur l'écriture de ce livre, ou sur la tapisserie de Bayeux...
    http://tapisseriebayeux.over-blog.com



    Je vous souhaite une bonne soirée !    J'aime beaucoup les anciennes publicités , c'est ma façon de vous dire au revoir




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