• J'ai choisis deux poèmes sur le printemps,  en espérant que cela lui donne l' idée de venir accompagné du soleil ! 
















    Premier sourire du printemps



    Tandis qu'à leurs oeuvres perverses
    Les hommes courent haletants,
    Mars qui rit, malgré les averses,
    Prépare en secret le printemps.

    Pour les petites pâquerettes,
    Sournoisement lorsque tout dort,
    Il repasse des collerettes
    Et cisèle des boutons d'or.

    Dans le verger et dans la vigne,
    Il s'en va, furtif perruquier,
    Avec une houppe de cygne,
    Poudrer à frimas l'amandier.

    La nature au lit se repose ;
    Lui descend au jardin désert,
    Et lace les boutons de rose
    Dans leur corset de velours vert.

    Tout en composant des solfèges,
    Qu'aux merles il siffle à mi-voix,
    Il sème aux prés les perce-neiges
    Et les violettes aux bois.

    Sur le cresson de la fontaine
    Où le cerf boit, l'oreille au guet,
    De sa main cachée il égrène
    Les grelots d'argent du muguet.

    Sous l'herbe, pour que tu la cueilles,
    Il met la fraise au teint vermeil,
    Et te tresse un chapeau de feuilles
    Pour te garantir du soleil.

    Puis, lorsque sa besogne est faite,
    Et que son règne va finir,
    Au seuil d'avril tournant la tête,
    Il dit : " Printemps, tu peux venir ! "



    Théophile Gautier



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  • Bonjour, j'espère que vous aimerez ce poème.


    Biographie sommaire


    Monnier
    Henri,écrivain et caricaturiste français, né à Paris (1799-1877), créateur de Joseph Prudhomme, type de bourgeois inepte et sentencieux.


    Le Petit Larousse



     

    On les a fait Venir!

     
    Je suis le chat de cimetière,
    De terrain vague et de gouttière,
    De haute-Egypte et du ruisseau
    Je suis venu de saut en saut.


    Je suis le chat qui se prélasse
    A l'instant où le soleil passe,
    Dans vos jardins et dans vos cours
    Sans avoir patte de velours.


    Je suis le chat de l'infortune,
    Le trublion du clair de lune
    Qui vous réveille dans la nuit
    Au beau milieu de vos ennuis.


    Je suis le chat des maléfices
    Condamné par le Saint-Office;
    J'évoque la superstition
    Qui cause vos malédictions.


    Je suis le chat qui déambule
    Dans vos couloirs de vestibules,
    Et qui fait ses petits besoins
    Sous la porte cochère du coin.


    Je suis le félin bas de gamme,
    La bonne action des vieilles dames
    Qui me prodiguent le ron-ron
    Sans souci du qu'en dira-t-on.

    Epargnez moi par vos prières
    Le châtiment de la fourrière
    Où finissent vos émigrés
    Sans demeure et sans pedigree.


    Henri Monnier




     


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  •  Bonjour, aujourd'hui j'ai envie de parler des chats à travers la poésie

                                   


    Carême (Maurice) , issu d’une famille modeste, est né le 12 mai 1899 à Wavre, dans le Brabant wallon. Il passe à Wavre une enfance campagnarde si heureuse qu’elle sera une des sources d’inspiration de son œuvre. En 1914, il écrit ses premiers poèmes. En septembre 1918, il est nommé instituteur à Anderlecht. Il quitte alors Wavre pour s’installer dans la banlieue bruxelloise. Il épouse, en 1921, Andrée Gobron, une institutrice originaire de Dison (Caprine dans ses poèmes). En 1933, il termine des études de déclamation au Conservatoire de Bruxelles. La même année, il fait construire , Avenue Melba à Anderlecht, la Maison Blanche, à l’image des maisons anciennes de son Brabant. Elle devient , en 1975, le siège de la Fondation Maurice Carême et le Musée Maurice Carême en 1978. En 1943, Maurice Carême quitte l’enseignement pour se consacrer entièrement à la littérature. Il meurt le 13 janvier 1978 à Anderlecht. 




    IL A NEIGE


    Il a neigé dans l'aube rose,
    Si doucement neigé
    Que le chaton noir croit rêver
    C'est à peine s'il ose
    Marcher.

    Il a neigé dans l'aube rose,
    Si doucement neigé
    Que les choses
    Semblent avoir changé.

    Et le chaton noir n'ose
    S'aventurer dans le verger,
    Se sentant soudain étranger
    A cette blancheur ou se posent,
    Comme pour le narguer,
    Des moineaux effrontés.


    Maurice Carême

    In La lanterne magique
    Copyright Fondation Maurice Carême, tous droits réservés







    MON PETIT CHAT


    J'ai un petit chat
    Petit comme ça,
    Je l'appelle Orange.

    Je ne sais pourquoi
    jamais il ne mange
    Ni souris ni rat

    C'est un chat étrange
    Aimant le nougat
    et le chocolat.

    Mais c'est pour cela,
    dit tante Solange
    Qu'il ne grandit pas

    Maurice Carême,



    à suivre avec d'autres auteurs...!



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  • '


    Bonjour,  à toutes


    Dans mes promenades sur le web , j'ai trouvé un superbe  texte de Paul Valéry -  qui demande qu'on y plonge

    et replonge, pour s'imprégner de ces vers...

     

       "  La fileuse  "


    Assise, la fileuse au bleu de la croisée
    Où le jardin délicieux se dodeline;
    Le rouet ancien qui ronfle l'a grisée.


    Lasse, ayant bu l'azur, de filer la câline
    Chevelure, à ses doigts si faibles évasive,
    Elle songe, et sa tête petite s'incline.


    Un arbuste et l'air pur font une source vive
    Qui, suspendue au jour, délicieuse arrose
    De ses pertes de fleurs le jardin de l'oisive.


    Une tige, où le vent vagabond se repose,
    Courbe le salut vain de sa grâce étoilée,
    Dédiant magnifique, au vieux rouet, sa rose.


    Mais la dormeuse file une laine isolée;
    Mystérieusement l'ombre frêle se tresse
    Au fil de ses doigts longs et qui dorment, filée.


    Le songe se dévide avec une paresse
    Angélique, et sans cesse, au doux fuseau crédule,
    La chevelure ondule au gré de la caresse...


    Derrière tant de fleurs, l'azur se dissimule,
    Fileuse de feuillage et de lumière ceinte :
    Tout le ciel vert se meurt. Le dernier arbre brûle.


    Ta soeur, la grande rose où sourit une sainte,
    Parfume ton front vague au vent de son haleine
    Innocente, et tu crois languir...Tu es éteinte


    Au bleu de la croisée où tu filais la laine.

     


    'Paul Valéry, 'La Fileuse', Album de vers anciens, Gallimard


     
      Dans vos commentaires, dites moi franchement ce que vous pensez de ces vers !!





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  •  La poésie, est un des plus vrais, un des plus utiles surnoms de la vie

    J.Prévert











    Qui suis-je ?


    Encres rouges, encres vertes
    Encres bleues ou bien violettes,
    J'en vois de toutes les couleurs.
     

    Je ne vais jamais seule,
    Là, je musarde avec une caroline toute en rondeurs,
    Ici , je flirte avec les pleins et les déliés
    D'une élégante anglaise aux formes élancées,


    Et sur un vieux parchemin,
    Au gré d'une prose ou d'un quatrain,
    Je glisse, je cours, je vole.


    Que d'efforts sur une page de cahier !
    J'écris. Je bafouille.
    Je rature. Je gribouille.
    Je pleure, parfois, entre les doigts de l'écolier.


    Je me veux historienne, Baudelairienne;
    Je deviens musicienne
    Avec quelques notes de musique,
    Puissantes, un rien romantiques.


    Instants d'émotion,
    De passion,
    De vague à l'âme.
    Je m'émeus pour une larme.


    Je me plie à toutes les volontés
    Et aux silences, je rends la liberté.
    Je suis, vous en souvenez-vous, Sergent-Major,
    Un rien m'habille d'or.


    Spiralée, je suis de verre;
    Légère et aérienne, je suis d'oie,
    Comme autrefois.
    Dans un nid douillet, je suis d'oiseau,
    Mais ça, c'est une autre affaire!


    Qui suis-je ? Avez-vous trouvé ?
    A mes mots vous vous êtes tant de fois abreuvés!
    Mais oui, je suis la plume!
    Bravo!


    Renée Giordano 



                                                                                       

                                                                                                

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